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vendredi, 04 juillet 2008
Pour la peine...
14:03 Publié dans Vite dit | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Coupure pub
Je suis au régime et je hais la publicité. Non pas ce mannequin filiforme qui nous vente tel ou tel produit anti cellulite entre deux tentatives d’évasion des frères Scofield ou le nouveau parfum au nom d’un couturier dans les pages de mon magazine télé. Je trouve ces femmes numérisées et retouchées froides et irréelles. Je n’envie pas leurs corps, je me contenterai du mien et de ce que je peux en faire.
Non, je hais les paquets de friandises qui accueillent tout sourire les nouveaux bonbons en chocolat. Rien que pour me rappeler qu’ils existent. Rien que pour me rappeler qu’il suffit que je fasse un saut à la supérette du coin pour rapporter chez moi de quoi m’en faire exploser la panse et que si je prends soin de jeter les poubelles avant le retour de mon Homme, personne n’en saura rien. Je hais la pub qui suscite la tentation lorsqu’on s’y attend le moins, qui provoque les envies irrésistibles quand on a la garde baissée. Les pubs pour le tabac sont interdites. Il devrait en être de même pour tout ce qui compte une once de sucre, de graisse, ou pire, de chocolat.
Mais celle que je hais par-dessus tout, c’est la nutritionniste qui nous vente les vertus d’un paquet de gâteaux à 450 kcal et 17% de graisse pour le petit déjeuner. Je hais les naïades qui se dorent la pilule en bikini et en bouffant du camembert pasteurisé. Je hais la minette qui chausse du 36 en pantalon et qui prend sa pause avec une barre chocolaté soit disant idéale pour les petites faims alors qu’on sait qu’il en faut une dizaine pour caler un estomac standard. Je hais Perette qui tente de faire croire qu’une crème fraiche 15% ce n’est pas gras. Je hais la mère qui engraisse ses enfants à coup de gouter à acquérir au rayon frais ou de croque-monsieur pour grille pain.
Je sors écœurée des coupures pub durant lesquels se succèdent tentations et promesses de miracle. Ah, la crème qui vous donnera des jambes de nymphette ! Oh, le fromage qu’on peut se goinfrer sans conséquences ! Wah, les pilules qui vous font perdre une taille de pantalon pendant la nuit ! Oh, les céréales grâce auxquelles, au rythme de deux bols par jour, on peut porter un bikini rouge tout l’été.
Je suis pragmatique et je ne crois pas à ce que je ne peux m’expliquer. Je crois aussi que si le produit miracle existait, on n’aurait pas seulement un spot de 20 secondes entre les pitreries de Samantha et la météo. La pilule qui fait réellement maigrir sans efforts, elle ferait l’ouverture du journal de 20 heures !
Et pourtant… Je vais faire mes courses et jette négligemment dans mon caddie six euros de gélules qui contrôlent la cellulite. Je traine mon panier en proie au dilemme qui m’oblige à choisir entre la solution buvable drainante et les pastilles stop-graisses. J’enchaine tubes, flacons et plaquettes. Et le pire, c’est que je les avale en me disant que je n’y crois pas… mais qu’on ne sait jamais… et qu’après tout, ça ne peut pas me faire de mal. Et comment, à terme, savoir si ça a fonctionné ? Est-ce que j’aurais perdu autant de poids cette semaine avec la même alimentation mais sans mon pack minceur ? Voilà quelque chose que je ne peux pas chiffrer…
Puis si je mange moins, il est vrai que je dépense plus d’argent. Je compense. Et aucun achat ne me repait tant que ceux qui concernent directement mon régime.
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