28.09.2008
D'Art
Mercredi, je suis allé voir une exposition retrospective de Hans Hartung -link- à la Fondation Maeght -link-
Je ne sais pas si on peut dire que j'ai une bonne culture artistique. J'ai été élevée par une paire de parents amateurs d'art qui m'ont trainée dans pas mal d'expos. J'ai grandi au côté d'un père artiste, anciens des Arts A' (école d'Arts Appliqués de Paris), avec des carnets de croquis qui trainaient en bout de table, de l'encre de Chine sur les doigts et une version très personnelle des arcanes du Tarot accrochée au mur de la salle à manger. J'ai aussi (ou ainsi) optée pour l'option Arts Plastiques au lycée, carton à dessin sous le bras et histoire de l'art au petit déjeuner.
Pourtant, je ne me sens pas vraiment capable de parler de cette exposition. Wikipédions Hartung et ça donne ça. Si on le googlise, on obtient ceci. Et une recherche d'image toute simple donne un bonne aperçu de ce qu'il peignait.
On entend souvent une certaine doxa, critique de l'art moderne, qui dit qu'il n'y a plus besoin de technique, qu'il suffit de faire trois taches sur une toile blanche, de compresser trois ordures dans une boite en plexi ou d'empiler trois bidets sur une estrade et d'appeler cela Art, que c'est du foutage de gueule, que ça ne rime à rien.
ça, je comprennais déjà assez bien, sans forcément être d'accord.
Par contre, on entend aussi ces gens piqués d'érudition qui prétendent qu'une toile, qu'une scultpure, qu'un concept les touche, provoque chez eux une vive émotion, les tourneboule.
Et ça, je ne comprennais pas vraiment parce que moi, ça ne m'étais jamais arrivé.
Bien sûr, j'ai vu des choses qui m'ont plu et d'autre qui non. J'ai vu des choses que j'ai trouvé belles, ou intéressantes. J'ai vu des choses qui m'ont surprise voir interpellée. Mais jamais je n'avais ressenti réellement une vive émotion face à une oeuvre d'Art, quelle qu'elle soit.
Mercredi, j'ai vu un certains nombres de toiles que j'aurais volontiers accrochées chez moi. Deux, notamment, avaient un format et une teinte idéal pour le mur blanc au dessus de mon canapé.
J'ai vu une toile qui, toute abstraite qu'elle soit, m'a fait pensé à un Shadock et je me suis pris un fou rire toute seule.
J'ai vu deux triptyques qui ressemblent de façon troublante à ce que dessinne mon père.
J'ai vu un Kandinsky peint par un autre que Kandinsky.
J'ai vu l'original de l'affiche accrochée face à ma place à table chez mes parents pendant presque 10 ans et ça fait franchement bizarre.
J'ai vu une toile qui faisait penser à un fond de maquette, quand toutes les routes ne sont pas posées, quand on voit encore bien les cales, quand les batiments ne sont pas encore fixés à leur place.
J'ai vu du Jakson Pollock par Hans Hartung ce qui revient au même mais dans des teintes différentes.
Mais surtout, j'ai vu une toile qui m'a coupée le souffle, fait acceléré le coeur et noué l'estomac. Une toile qui m'a accrochée et dont je ne me suis détachée qu'après de longue minute. Une toile auprés de laquelle je suis revenue trois fois pour être sûre. Une toile de trois fois rien de traits et de couleurs. Pourtant, on aurait dit qu'elle brulait. Il y avait du mouvement, il y avait de la vie... Cette toile...
Oui, cette toile.
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