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dimanche, 27 juillet 2008
Faire ses adieux
Ma voiture s'appelle Titine.
On l'a acheté (ou plutôt, mes parents me l'ont offert) un 28 février. C'était en 2003. Elle n'avait pas encore 12 ans, et moi à peine plus de 18. C'était... Oui, il y avait dans cet achat quelque chose de magique.
Des souvenirs avec Titine, j'en ai des milliers. Tenez, son nom, ce sont les gamins que j'avais en colo un été où je jouais les animatrices qui le lui ont donné. C'est parti d'une blague, ça ne l'a plus quitté. Je suis partie deux fois en camping avec ma Tite Soeur et elle, seules entre grandes filles. Il y a eu un nombre incalculable d'aller et retour à la fac, avec mon frangin. Un mémorable quasi tête à queue dans la neige aussi. Et quand mon histoire avec Celuiquej'aime a commencé, elle a été le trait d'union entre le village où j'étais coincée pour l'été et la Grande Ville où il vivait et bossait. Je lui ai plutôt bien enfoncé une aile et fendu le pare choc arrière contre un arbre. On me l'a fracturé six fois en tout. J'ai changé deux vitres et un pare brise. Elle m'a toujours emmenée là où je voulais, ne m'a jamais lachée. Titine, c'est... ça a été ma liberté.
J'ai dit (et répété même) que je la garderai jusqu'à sa mort.
Je n'ai pas tenu parole.
Cet après midi, on s'est fait un tour d'honneur, une dernière fois le trajet entre ma ville et mon village, celui qu'on a tant fait ensemble. On s'est dit aurevoir en kilomêtres et en musique, chantant comme toujours quand seule avec elle.
Puis il a fallu que je la vide.
Demain, je la cède à Peugeot pour 300 malheureux petits euros de réduction sur ma nouvelle 107. J'ai dû oter de ma boite à gant une poignée de noix, souvenir de vacances volé par des petits cons ayant cassé une vitre puis remplacé par ma Tite Soeur. J'ai dû ranger le drap qui nous servait pour protéger les sièges des poils caramels de Jade, le labrador, tristement disparu depuis, de mon frère et sa Petite Chérie. J'ai remballé mon drapeau à Manif', mes sacs de courses, mon racloir à vitre et mon gilet jaune. J'ai ramassé tous les disques et les boites, tenté de rendre à chacun sa chacune. J'ai jeté des klinex, des stylos, une lingette, des enveloppes de dépot de chèques. Et comme une andouille, j'ai pleuré, là, dans ma rue, à deux pas des petites vieilles et de leurs hargneux petits caniches crèmes vivant dans mon immeuble.
Je ne sais pas si j'ai pleuré ma promesse non tenue. Ou si j'ai pleuré Jade, ce que je n'avais pas encore vraiment fait. Ni même si j'ai pleuré l'un ou l'autre des milliers de souvenirs que cette voiture contient. Je crois que j'ai surtout pleuré la page qui se tourne, car cette voiture est le dernier symbole de tout un pan de ma vie qui, somme toute, n'a pas été si malheureux. J'ai pleuré la magie qu'elle contenait et que je ne trouverai jamais dans une autre voiture. J'ai pleuré parce que, cet après midi, j'ai eu l'impression de trahir quelqu'un, et je ne sais pas s'il s'agit d'elle ou de moi.
Alors demain, même si c'est de l'argent foutu en l'air, je l'emmenerai faire un tour sous les rouleaux du Car Wash, histoire de la rendre présentable. Et même si je suis satisfaite de mon choix de nouvelle voiture, j'écraserai discrétement une larme, en l'abandonnant chez ses étrangers qui vont l'envoyer se faire autopsier. Et quitte à passer pour une folle, je n'oublierai pas de lui dire merci...
23:05 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
J'ai pas le temps !
Je suppose que c'est un peu la faute d'Hephaïstos639 et de BusterCasey si, depuis quelques temps, je culpabilise si je ne poste quasi quotidiennement car ils s'astreignent tout deux à une rigueur qui les honore en matière de régularité de publication. En attendant, j'ai pas le temps, et pas le sujet. J'aurais bien fait une chronique ciné, pour changer, car j'ai vu Hancock avec mon neveu l'autre jour, mais BusterCasey en a déjà fait une critique à laquelle j'adhère totalement alors je vais plutôt vous renvoyer chez lui ** clik **12:39 Publié dans Vite dit | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 25 juillet 2008
Le microcosme du couloir
Depuis quelques temps, je vais régulièrement (enfin presque) faire des longueurs à la piscine de mon quartier. Nager me détend. Mes congénères, eux, m'horripilent. Au final, les deux effets s'annulent, mais j'ai des épaules mieux dessinées. - un couloir pour les cours (natation pour les plus petits avec un maitre nageur/Ogre braillard belliqueux version blonde à cellulite en maillot de bain, aquagym avec Bernard, l'ami des vieilles du quartier, préparation à l'accouchement et son cortège de miettes dans les vestaires parce que le cours termine toujours par un gouter amical entre bonnes femmes, ce genre de choses...)
- un grand espace pour ceux qui pataugent, jouent, font trempette, se rafraichissent, se noient les uns les autres, mattent, papotent, bronzent au frais, et tout ce qu'on peut imaginer dans ce genre
- et le couloir des "nageurs en circuit".
18:59 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 24 juillet 2008
De retour
Nous revoilà, Miette et moi, après ce bref séjour parisien fort agréable. Très famille (mon tonton, ma grand'tante, ma grand-mère, ma Tite soeur et son chéri) mais aussi balades. Et photos. Puis comme je n'ai pas envie de raconter, je vais vous montrer.
xxx Click pour voir en grand xxx
10:48 Publié dans Seconde voix | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 23 juillet 2008
100 mots de la page 100 de...
... La chambre des morts, Franck Thilliez, Le Passage, "Thriller", 2005, 341 p.
"- Sinon quoi ?
Sylvain s'empara de la pièce de métal et s'éloigna sans se retourner. Son coeur battait jusque dans sa gorge. Le jeu de la lumière avait maquillé Vigo de reflets démoniaques. Qui savait de quoi ce type était capable ? L'épisode de l'hématome sur l'arcade témoignait assez de sa folie.
Pas un mot ne perturba le trajet du retour. Juste des tensions occulaires et de la salive lourde.
Vigo déposa Sylvain, l'oeil brillant. Une fois seul, il sortit de la boite à gants la clé d'entrée qu'il avait dérobée et la fourra... "
En un mot comme en cent ?
démoniaques,
comme l'intrigues de ce thriller...
14:50 Publié dans 100 mots de la page 100 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 22 juillet 2008
Presque 100 mots de la page 100 de...
... Et tu te soumettras à la loi de ton perre, Marie Sabine Roger, Editions Thierry Magnier, "Roman", 2008, 143 p.
"Dans la journée, de temps en temps, Maman lève les yeux de sa table de couture, observe longuement Fabien, regarde l'heure et puis baisse la tête, sans un mot. Je ne demande pas pourquoi, c'est inutile. Je sais que l'on pense pareil, elle et moi : la sale aiguille des minutes écorche l'air comme une faux, et moissonne le temps qui reste, à petits sauts.
La vie s'épuise au sablier, dans un lent tic-tac de pendule."
En un mot comme en cent ?
pendule,
et temps qui passe, enterrent cette famille...
14:36 Publié dans 100 mots de la page 100 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note