lundi, 01 septembre 2008
C'est rentré !
Et j'ai envie de pousser un gros OUF !
La rentrée s'est bien passée (et pas seulement "pas mal passée"). Je suis tombée sur un collègue de l'an dernier qui est remplaçant rattaché à ce bahut. Il ne sera pas là le reste de l'année mais au moins, il m'a aidé à arriver tranquillement. On a bavardé et ça m'a aidé à me détendre.
Je vous passe les détails de la grand' messe de rentrée. Mes premières impressions sur l'équipe de direction ont été confirmé. Les CPE sont effacées, beaucoup trop pour un bahut où les élèves ne sont pas des plus "faciles". L'une est même franchement timide. Quelques collègues ont laissé entendre qu'elles se laissaient marcher sur les pieds et ça ne m'étonne pas franchement.
La chef n'a fait que parlé d'elle. Elle n'a pas arreté de couper la parole aux différents intervenants. Elle s'est même permis de dire pour moi que j'étais "enchantée d'être mutée dans cette établissement". C'est pas faux, mais bon. Elle a aussi passé son temps à se justifier ce qui, au final, donne l'impression qu'elle n'est pas si sûre d'elle que ça.
La chef adjointe est plutôt gentille. En tout cas, au premier contact. J'attends de voir ce que ça donne à plus long terme. Il faut que je la vois pour différents projets de toutes façons.
Les collègues, ça s'est super bien passé. Petit bahut, avec une équipe plus jeune que ce à quoi je m'attendais. Plusieurs d'entre eux m'ont déjà demandé comment ça se passait avec moi pour les séances pédagogiques. D'autres m'ont dit aussi qu'ils allaient pouvoir revenir au CDI, même pendant leurs heures de pauses. La collègue qui m'a précédé était une gestionnaire admirable, elle a créé un CDI formidable et exemplaire, mais le relationnel n'était pas sa priorité. Que se soit avec les profs ou avec les élèves. Du coup, un de mes objectifs de l'année va être de faire en sorte que les différents membres de l'équipe et les élèves se rapproprient de CDI.
J'ai passé un moment avec les profs de lettres. Et trois heures seules au CDI. J'ai aussi vu le responsable informatique. On parle déjà de déplacé des meubles pour pouvoir ajouter un ordinateur et peut-être même un deuxième un peu plus tard. Parce qu'actuellement, il n'y a que 4 postes pour les élèves.
J'ai aussi hérité de 160 manuels de maths à estampiller et de deux mois de courriers à traiter. J'ai déjà fait 6 cartons sur 9 de manuels. Je terminerai les autres demain. Je me suis mis le gestionnaire dans la poche grâce à mes "compétences informatiques". Il avait perdu les fiches qui récapitulent l'état des livres, par niveau. La vie scolaire remuaient ciel et terre. J'ai cherché dans les documents du CDI mais je n'en avais pas de copie. Du coup, j'en ai refais en vitesse. Merci publisher !
Une ombre au tableau tout de même parce que la chef a envoyé une TZR (remplaçante) de français faire ses heures au CDI en attendant qu'elle ait un remplacement à faire. Je ne sais pas trop ce que je vais faire d'elle. Elle est prof de lettres, pas prof doc, et elle peut partir du jour au lendemain suivant les besoins du rectorat... S'il faut, je ne la verrai plus de l'année. Comme elle peut être là plusieurs semaines d'affilée. On verra.
Enfin, ce récit de rentrée un peu deconstruit et tout à fait incomplet finit par dire que ça s'est bien passé. J'y retourne demain, avec juste une petite visite des 6ème au programme, un rendez vous avec la chez adjointe, du courrier à traiter... Sans logiciel documentaire malheureusement car le réseau ne sera rouvert que jeudi.
Voili voilou
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dimanche, 24 août 2008
Pas de blog sans lecteurs, pas de photos sans public... Non ?
Rentrée depuis quelques heures, j'ai déjà consacré une bonne partie de ces dernières à ma connexion Internet, depuis la mise à jour de mon système de sécurité (antivirus, pare feux, etc) jusqu'à la séance de rattrapage de vos blogs en passant par ma demi douzaine de boite mail.
Du coup, quand il s'agit de vous raconter mes vacances, j'ai un gros coup de flem'
Well, qu'à cela ne tienne, je vais vous faire un résumé en photos. Vous connaissez le truc : cliquez dessus pour agrandir.
Par 1800 m d'altitude, ici
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dimanche, 27 juillet 2008
Faire ses adieux
Ma voiture s'appelle Titine.
On l'a acheté (ou plutôt, mes parents me l'ont offert) un 28 février. C'était en 2003. Elle n'avait pas encore 12 ans, et moi à peine plus de 18. C'était... Oui, il y avait dans cet achat quelque chose de magique.
Des souvenirs avec Titine, j'en ai des milliers. Tenez, son nom, ce sont les gamins que j'avais en colo un été où je jouais les animatrices qui le lui ont donné. C'est parti d'une blague, ça ne l'a plus quitté. Je suis partie deux fois en camping avec ma Tite Soeur et elle, seules entre grandes filles. Il y a eu un nombre incalculable d'aller et retour à la fac, avec mon frangin. Un mémorable quasi tête à queue dans la neige aussi. Et quand mon histoire avec Celuiquej'aime a commencé, elle a été le trait d'union entre le village où j'étais coincée pour l'été et la Grande Ville où il vivait et bossait. Je lui ai plutôt bien enfoncé une aile et fendu le pare choc arrière contre un arbre. On me l'a fracturé six fois en tout. J'ai changé deux vitres et un pare brise. Elle m'a toujours emmenée là où je voulais, ne m'a jamais lachée. Titine, c'est... ça a été ma liberté.
J'ai dit (et répété même) que je la garderai jusqu'à sa mort.
Je n'ai pas tenu parole.
Cet après midi, on s'est fait un tour d'honneur, une dernière fois le trajet entre ma ville et mon village, celui qu'on a tant fait ensemble. On s'est dit aurevoir en kilomêtres et en musique, chantant comme toujours quand seule avec elle.
Puis il a fallu que je la vide.
Demain, je la cède à Peugeot pour 300 malheureux petits euros de réduction sur ma nouvelle 107. J'ai dû oter de ma boite à gant une poignée de noix, souvenir de vacances volé par des petits cons ayant cassé une vitre puis remplacé par ma Tite Soeur. J'ai dû ranger le drap qui nous servait pour protéger les sièges des poils caramels de Jade, le labrador, tristement disparu depuis, de mon frère et sa Petite Chérie. J'ai remballé mon drapeau à Manif', mes sacs de courses, mon racloir à vitre et mon gilet jaune. J'ai ramassé tous les disques et les boites, tenté de rendre à chacun sa chacune. J'ai jeté des klinex, des stylos, une lingette, des enveloppes de dépot de chèques. Et comme une andouille, j'ai pleuré, là, dans ma rue, à deux pas des petites vieilles et de leurs hargneux petits caniches crèmes vivant dans mon immeuble.
Je ne sais pas si j'ai pleuré ma promesse non tenue. Ou si j'ai pleuré Jade, ce que je n'avais pas encore vraiment fait. Ni même si j'ai pleuré l'un ou l'autre des milliers de souvenirs que cette voiture contient. Je crois que j'ai surtout pleuré la page qui se tourne, car cette voiture est le dernier symbole de tout un pan de ma vie qui, somme toute, n'a pas été si malheureux. J'ai pleuré la magie qu'elle contenait et que je ne trouverai jamais dans une autre voiture. J'ai pleuré parce que, cet après midi, j'ai eu l'impression de trahir quelqu'un, et je ne sais pas s'il s'agit d'elle ou de moi.
Alors demain, même si c'est de l'argent foutu en l'air, je l'emmenerai faire un tour sous les rouleaux du Car Wash, histoire de la rendre présentable. Et même si je suis satisfaite de mon choix de nouvelle voiture, j'écraserai discrétement une larme, en l'abandonnant chez ses étrangers qui vont l'envoyer se faire autopsier. Et quitte à passer pour une folle, je n'oublierai pas de lui dire merci...
23:05 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 25 juillet 2008
Le microcosme du couloir
Depuis quelques temps, je vais régulièrement (enfin presque) faire des longueurs à la piscine de mon quartier. Nager me détend. Mes congénères, eux, m'horripilent. Au final, les deux effets s'annulent, mais j'ai des épaules mieux dessinées. - un couloir pour les cours (natation pour les plus petits avec un maitre nageur/Ogre braillard belliqueux version blonde à cellulite en maillot de bain, aquagym avec Bernard, l'ami des vieilles du quartier, préparation à l'accouchement et son cortège de miettes dans les vestaires parce que le cours termine toujours par un gouter amical entre bonnes femmes, ce genre de choses...)
- un grand espace pour ceux qui pataugent, jouent, font trempette, se rafraichissent, se noient les uns les autres, mattent, papotent, bronzent au frais, et tout ce qu'on peut imaginer dans ce genre
- et le couloir des "nageurs en circuit".
18:59 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 juillet 2008
Instance maternelle

09:44 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 11 juillet 2008
"Aurevoir Madame, passez une bonne fin de journée !"

En général, pour l'achat de quelques produits de beauté, la plupart des magasins offrent des échantillons gratuits. [Tu sais, lecteur, ce truc dans un petit sachet en plastique hermétiquement fermé qui peuple toutes les salles de bain, empilés tant bien que mal, qu'on finit toujours, dans les rare cas où on les utilise, par ouvrir avec les dents, avalant un bon tiers du contenu avant de le vomir dans le lavabos] La vendeuse (ne poussons pas le féminisme jusqu'à nier qu'il s'agit à 99,9999% de femmes) doit alors effectuer un choix parmi la multitude d'échantillons disponnibles.
Là, plusieurs méthodes se concurrencent.
Il y a les vendeuses qui ne se compliquent pas la vie et ditribue les mêmes à tout le monde, voit pioche au hasard, si bien qu'on se retrouve neuf fois sur dix avec des trucs absolument pas adaptés, genre l'échantillon d'après-rasage au gingembre.
Il y a celles qui se renseignent "Je vous mets des échantillons ? [interrogation réthorique] Qu'est-ce qui vous intéresse ?" Efficace pour ne pas décevoir le client mais peu efficient pour ce qui est de la découverte de nouveaux produits.
Mais aussi, il y a celles qui choissisent les mêmes produits que ceux que nous avons achetés, mais dans une autre marque ou une autre gamme. Puisqu'on vient de griller notre carte bleue pour ça...
Et surtout, il y a celles qui mettent toute l'étendue de leur expérience professionnelle à notre service et choisissent, après avoir, en quelques instants seulement, évalué d'un oeil expert nos besoins (qu'on ignore nous même le plus souvent). Il devient alors particulièrement instructif d'étudier les échantillons ainsi séléctionnés, résultat de l'observation de connaisseuse d'une professionnelle de la beauté.
Et souvent, particulièrement vexant.
Que doit-on penser des 4 échantillons d'anticerne glissés innocemment par la vendeuse au fond de notre cabas ?
Ou de la lotion pour peau très grasse jetée là avec notre ticket de caisse ?
Du fond de teint anti imperfections ultra couvrant ?
Du déo longue tenue efficacité 200%, 72h/24h ?
De l'après-schampooing pour cheveux particulièrement indisciplinés ?
On le sait. Oui, ne nie pas, toi aussi tu le sais. Mais on ne tient pas forcément à savoir combien ça se remarque. Non ?
La moral de ce post, c'est que je reviens de chez Yves Rocher, pour ne pas leur faire de publicité. J'ai acheté un peu de maquillage, couleurs d'été, rien d'extraordinaire. J'ai fouillé mon sac. J'ai tous les échantillons [lotion, savon, crème de jour matifiante, de nuit hydratante et masque express] de la gamme pour peau à imperfections.
Je pense assez y retourner demain. Pour flanquer ma main en travers de la gueule sans imperfections de la vendeuse et les lui faire bouffer, ses échantillons.
pix : pour une fois, une aquarelle à moi, retouchée à l'ordinateur
18:42 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la fois d'avant j'ai pris trente ans avec les crèmes spéciales "
jeudi, 10 juillet 2008
Big Apple

Petite, ma famille n'avait pas beaucoup d'argent. Je ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières. Je n'étais pas malheureuse et je ne crois pas en avoir cruellement souffert. Bien sûr, ça a pu me manquer de ne pas pouvoir suivre le train des autres. Mais de tous les affres de mon adolescence, le manque d'argent n'était guère que le cadet (voir le benjamin, c'est dire).
Enfin, c'est vrai que mes parents n'en avait vraiment pas des masses.
Déjà, à la fac, il m'arrivait de me sentir riche de ma modeste bourse d'étudiante tributaire du Crous. Mais depuis la rentrée, avec mon pourtant pas si glorieux salaire de fonctionnaire, c'est Broadway ! Je dépense du fric dans des tas de trucs rien que parce que je le peux. Et ça m'apporte une satisfaction que je n'aurais jamais soupçonnée auparavant. Je m'avilie, victime consentante de la société de consommation.
C'est lors d'une de ces dépenses compulsives que je me suis rappelée une anecdote. (J'te préviens, elle n'a rien de drôle ni même de grandiose, c'est juste qu'elle sert mon propos). Gamine, une amie d'enfance était au village pour les vacances. Sa mère avait proposé de nous emmener à la plage mais l'amie en question avait oublié son maillot de bain chez elle, à Massilia. Sa mère ne s'est pas emboucannée en réflexion et lui en a acheté un nouveau. Tu te rends compte ? Un maillot neuf. Alors qu'elle en avait déjà un, un autre, chez elle.
Ouais, je sais, ça n'a rien d'extraordinaire. Mais ça m'avait vraiment marqué. Parce que mes parents n'auraient pas fait ça. Ils auraient retourné tout le village pour trouver une autre gosse de ma taille susceptible de me préter un maillot. Ou il m'aurait envoyée à la plage en short. Ou même ils auraient annulé la sortie plage. Mais ils n'auraient pas fait la dépense. En tout cas, j'en été persuadée à cette âge là. Et j'ai ressentie quelques choses de... Cette femme, cette maman, elle détenait un pouvoir vraiment puissant. Rien que parce qu'elle pouvait décider ça, de racheter un maillot de bain.
Pourquoi je vous parle de ça ?
Parce que tout à l'heure, je suis passé chez Peugeot voir la voiture qu'on a décidé d'acheter, Celuiquej'aime et moi. Juste la revoir. Pour être sûre. Pour ouvrir le coffre et en évaluer la contenance, pour m'asseoir à l'avant, pour poser deux ou trois questions à la Commerciale. Et finalement, je l'ai commandée. Comme je craque sur un débardeur à rayure au fonds d'un bac de soldes. Ou presque. Si je voulais la couleur que j'avais choisi, un rouge tellement appaitissant que Blanche Neige croquerait même dans une portière, c'était soit tout de suite, soit dans plus de trois mois. Alors j'ai appelé l'Homme et j'ai signé. Aussi simple qu'un paraphe au bas d'un chèque d'acompte de 300 euros.
Si gamine, on m'avait dit que je pourrais, sur un presque coup de tête, signer un chèque de 2000 francs qui ne me mets même pas à découvert, pour avoir une voiture.... Neuve...
Je me rappelle l'achat de Titine. Ma Super 5. Voiture d'étudiante. (Très ) bons et loyaux services. Mes parents me l'ont offertes. Jamais, même quand j'ai passé le permis, j'aurais imaginé qu'ils puissent m'offrir une voiture. Cet achat c'était... PWAH ! J'en sautillais encore deux semaines plus tard. Qu'est-ce que j'ai adoré cette voiture ! A peine assise dedans. Demandez à Tite Sis, elle vous racontera mes mails enthousiastes où j'annonçais son arrivée comme celle d'un nouveau né. Faire-part virtuel, mon immatriculation en guise de prénom. C'était tellement important. C'était le début d'une liberté à 100% Mais surtout, c'était un effort financier énorme pour mes parents.
Je ne ressentirai pas ça pour la 107. C'est trop simple. On peut le faire. Voilà. Où signe-t-on pour le crédit ? Trop simple, trop évident.
Je devrai sauter de joie.
Pourtant, j'ai une boule dans l'estomac. Un je-ne-sais-quoi qui me rend vraiment triste...
Pix : Pour une fois, la photo n'est pas libre de droits. Mais au prix que je paie la bagnole, Peugeot peut bien m'accorder une photo !
20:43 Publié dans Cela dit en passant | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 juin 2008
exercice de style
RIMES FÉMININES
Paroles : Pierre Philippe, musique : Juliette Noureddine
Dans un corps vide entrer mon âme,
Tout à coup être une autre femme
Et que Juliette Noureddine

Élire parmi les éminentes
Celle qui me ferait frissonnante,
Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,
Qui surent aimer qui surent se battre,
Mes soeurs innées mes philippines,
Mes savantes et mes Bécassines.
Julie Juliette ou bien Justine,
Toutes mes rimes féminines:
Clara Zetkin,
Anaïs Nin
Ou Garbo dans La Reine Christine.


Choisir entre ces demoiselles:
Camille Claudel,
Mamzelle Chanel
Ou l'enragée Louise Michel.
Vivre encore colombe ou rapace,
Écrire chanter ou faire des passes:
Margot Duras,
Maria Callas
Ou bien Kiki de Montparnasse.
Naître demain renaître hier
En marche avant en marche arrière,
M'incarner dans ces divergences
Ces beautés ces intelligences
Et jouir du bienheureux trépas
Pour dans leurs pas mettre mes pas:
Musidora,
La Pavlova
Ou mon aïeule la grande gueule Thérésa.


Ou bien même les deux s'il vous plaît:
Juliette Drouet
La Signoret
Ou la grande Billie Holiday.
Avec l'une d'elles me révoltant:
Flora Tristan
Yvonne Printemps
Ou la farouche Isadora Duncan.


Pour toute arme ayant leur fierté
Et pour amante la liberté:
Les soeurs Brontë,
Loyse Labé
Ou Lou-Andréas Salomé.

Être la fleur être le fruit:
Être Alice Guy,
Être Arletty,
Marie Dubas, Marie Curie.


Mais s'il vous plaît point de naissance,
De jeunesse ni d'adolescence.
Épargnez-moi la chambre rose.
Soyez bonne ô métempsycose.
Permettez à votre Juliette
De ne point mûrir en minette
Mais en Colette,
En Mistinguett...
Ou pourquoi pas madame de Lafayette.
Mettez-moi, je vous le demande
Instamment, dans la cour des grandes:
Judy Garland,
Barbara Streisand
Ou cette bonne dame de George Sand.
Placez-moi du côté du coeur,
Côté talent côté bonheur:
Loïe Fuller,
Dottie Parker
Ou Sainte Joséphine Baker.
Oui tout de suite les feux de la gloire,
Les feux de la rampe et de l'Histoire:
La Yourcenar,
Sarah Bernhardt
Ou la très sage Simone de Beauvoir.

Une voix d'argent au fond d'un port,
Une plume d'acier ou un coeur d'or:
La Solidor,
Christiane Rochefort
Ou Marceline Desbordes-Valmore.
Les belles sans peur et sans marmaille
Toutes nues au fort de la mitraille:
Sylvia Bataille
Anna de Noailles
Camarade Alexandra Kollontaï
Et les agitatrices de bouges
Brandissant l'espoir et la gouge:
Olympe de Gouges,
Rosa-la-Rouge
Et la vieille Germaine de Montrouge.

La lignée des dominatrices
Ladies, madames, donas ou misses
Comme Cariathys
Ou Leda Gys,
Angela et Bette Davis.
Les vénéneuses et les tigresses:
Lola Montès,
Gina Manès
Et l'empoisonneuse Borgia Lucrèce.

Enfin j'ai pour être sincère
Du goût pour les belles harengères:
Yvette Guilbert,
Claire Brétécher...
J'irais même jusqu'à Anne Sinclair.
Mais si tant de souhaits vous chagrinent,
S'il est contraire à la doctrine
De viser haut dans les karma,
Alors faites dans l'anonymat.
En attendant que tout bascule,
Que Satan ne me congratule
Ou que les anges me fassent la fête,
Permettez une ultime requête:
Faites-la renaître votre frangine
En n'importe qui, en fille d'usine,
En fille de rien ou de cuisine,
En croate ou en maghrébine,
En Éponine,
En Clémentine,
En Malka Malika ou Marilyn...
Et si votre astrale cuisine
Par hasard ne le détermine
J'accepterais par discipline
De revenir en cabotine,
En libertine,
En gourgandine...
Tiens: en Juliette Noureddine.

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vendredi, 13 juin 2008
M6 n'est plus ce que c'était...
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mardi, 10 juin 2008
Abandonnitude
BusterCasey court sans relache après les lecteurs. Il se demande "C'est donc ça l'univers du blog. Écrire pour être lu, remarqué et (éventuellement) aimé. Posté. Recommandé. Exister, en gros. Car quel peut-être l'intérêt d'un blog ? De le lire et/ou de l'écrire ? Pourquoi tient-on un blog ? Pourquoi se croit-on plus intéressant que les autres ? Est-ce un moyen d'exister soi-même à travers une création aussi fugace soit-elle ?"
J'ai commencé à bloguer pour écrire, comme je le faisais déjà sur papier. J'étais bloquée depuis quelques temps, limitée par la lenteur de ma main sur le papier par rapport à l'agilité de mes doigts sur le clavier. Bloguer. ça m'allait bien, j'aimais ça. Nostalgiques ou curieux, allez jeter un oeil par là.
C'est peut-être parce que je blogue avant tout pour moi, pour exprimer mes malaises et mes coups gueules, éventuellement raconter un coup de coeur ou me pencher sur une curiosité que je ne souffre pas du même mal que Buster Casey. Peut-être parce que je ne me sens pas assez mal que je déserte ces pages ces temps-ci. Est-ce que je ne prends pas assez soin de vous ? J'en culpabiliserai presque de ne pas me sentir plus mal...
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