samedi, 05 juillet 2008

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Bilan

Ce que mon régime a changé dans ma vie
• Un peu plus de 7 kilos en 100 jours, pour commencer.
• J'ai rentabilisé les 200 euros investis il y a quelques temps dans mon vélo d'appartement, ce qui n'était pas gagné les premier mois où il était là. J'ai trouvé le chemin de la piscine de mon quartier (et au passage, un excellent fleuriste qui est installé juste à côté). Je suis en forme ! Et au quotidien, je ne m’effraie plus de la distance qui me sépare d’un magasin ou d’une caisse de livres à soulever.
• Je suis devenue super copine avec la maraichère du marché où je me rends toutes les semaines. J’ai appris à découper un ananas, à cuisiner des asperges.
• Je me lève plus tôt le matin pour pouvoir faire un vrai petit déjeuner, loin de mon repas de midi. D'une façon générale, je reste moins souvent inactive. Du coup, j’ai des journées plus remplies.
• Le goût des aliments. Je ressens différemment le salé, la moindre miette de beurre parfume tout un plat, le fromage est tellement plus savoureux. Je suis, par contre, beaucoup moins tolérante au gras d’une façon générale. Des plats, des pâtisseries, que j’avalais copieusement peuvent aller jusqu’à écœurer. Mais surtout, le régime a changé le goût du sucre. Une toute petite quantité suffit à titiller mes papilles. Alors que, par ailleurs, je suis rebutée par une compote non-allégée ou un morceau entier de sucre dans le café. Finalement, après quelques temps, le goût est devenu un allier essentiel de mon régime. Même si ça ne signifie pas que je ne suis plus jamais tentée par quoi que ce soit de gras ou de sucré ! Mais plus dans les mêmes quantités.
• Ma peau, mes ongles, mes cheveux… Je prends plus soin de moi, au-delà de ma silhouette.
• Il me reste encore du chemin à faire pour atteindre mon objectif. Rien ne me garantit que ma volonté suffira à me faire perdre ce poids et surtout, à me maintenir dans ce nouveau corps. Mais d’hors et déjà, je me sens plus forte qu'avant, capable de décider ce que je veux pour mon corps et non plus de le subir. J'ai appris que je pouvais faire du sport. Mes semaines sont emmaillées de petites victoires à mon échelle. Ça peut paraître excessif mais j’ai l’impression que cette expérience m’a fait grandir. En cela, bien qu’il me reste du travail à faire, j’ai déjà gagné.

vendredi, 04 juillet 2008

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Coupure pub

 

Je suis au régime et je hais la publicité. Non pas ce mannequin filiforme qui nous vente tel ou tel produit anti cellulite entre deux tentatives d’évasion des frères Scofield ou le nouveau parfum au nom d’un couturier dans les pages de mon magazine télé. Je trouve ces femmes numérisées et retouchées froides et irréelles. Je n’envie pas leurs corps, je me contenterai du mien et de ce que je peux en faire.

Non, je hais les paquets de friandises qui accueillent tout sourire les nouveaux bonbons en chocolat. Rien que pour me rappeler qu’ils existent. Rien que pour me rappeler qu’il suffit que je fasse un saut à la supérette du coin pour rapporter chez moi de quoi m’en faire exploser la panse et que si je prends soin de jeter les poubelles avant le retour de mon Homme, personne n’en saura rien. Je hais la pub qui suscite la tentation lorsqu’on s’y attend le moins, qui provoque les envies irrésistibles quand on a la garde baissée. Les pubs pour le tabac sont interdites. Il devrait en être de même pour tout ce qui compte une once de sucre, de graisse, ou pire, de chocolat.

Mais celle que je hais par-dessus tout, c’est la nutritionniste qui nous vente les vertus d’un paquet de gâteaux à 450 kcal et 17% de graisse pour le petit déjeuner. Je hais les naïades qui se dorent la pilule en bikini et en bouffant du camembert pasteurisé. Je hais la minette qui chausse du 36 en pantalon et qui prend sa pause avec une barre chocolaté soit disant idéale pour les petites faims alors qu’on sait qu’il en faut une dizaine pour caler un estomac standard. Je hais Perette qui tente de faire croire qu’une crème fraiche 15% ce n’est pas gras. Je hais la mère qui engraisse ses enfants à coup de gouter à acquérir au rayon frais ou de croque-monsieur pour grille pain.

 

Je sors écœurée des coupures pub durant lesquels se succèdent tentations et promesses de miracle. Ah, la crème qui vous donnera des jambes de nymphette ! Oh, le fromage qu’on peut se goinfrer sans conséquences ! Wah, les pilules qui vous font perdre une taille de pantalon pendant la nuit ! Oh, les céréales grâce auxquelles, au rythme de deux bols par jour, on peut porter un bikini rouge tout l’été.

 

Je suis pragmatique et je ne crois pas à ce que je ne peux m’expliquer. Je crois aussi que si le produit miracle existait, on n’aurait pas seulement un spot de 20 secondes entre les pitreries de Samantha et la météo. La pilule qui fait réellement maigrir sans efforts, elle ferait l’ouverture du journal de 20 heures !

Et pourtant… Je vais faire mes courses et jette négligemment dans mon caddie six euros de gélules qui contrôlent la cellulite. Je traine mon panier en proie au dilemme qui m’oblige à choisir entre la solution buvable drainante et les pastilles stop-graisses. J’enchaine tubes, flacons et plaquettes. Et le pire, c’est que je les avale en me disant que je n’y crois pas… mais qu’on ne sait jamais… et qu’après tout, ça ne peut pas me faire de mal. Et comment, à terme, savoir si ça a fonctionné ? Est-ce que j’aurais perdu autant de poids cette semaine avec la même alimentation mais sans mon pack minceur ? Voilà quelque chose que je ne peux pas chiffrer…

Puis si je mange moins, il est vrai que je dépense plus d’argent. Je compense. Et aucun achat ne me repait tant que ceux qui concernent directement mon régime.

jeudi, 03 juillet 2008

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Ma graisse, mes muscles et moi

 

De toutes mes nouvelles habitudes, le sport est celle qui a le plus changé ma vie. J’étais aussi sportive qu’une brique. Une brique qui marchait, certes, parce que les transports en communs de ma ville restent moins efficaces que mes pieds.

J’ai fait l’onéreuse et encombrante acquisition d’un vélo d’appartement et ne cesse depuis de venter ses vertus. Le sport à domicile. Mieux encore : le sport en lisant un livre ou en regardant un épisode de votre série favorite. Mais encore, pour moi, le sport sans témoin. Oui, quand je fais du sport à l’extérieure, j’ai l’impression que tout le monde me regarde. Oui, je me décourage à l’idée de croiser un voisin quand je rentre les aisselles et l’entrecuisse dégoulinant de sueur.

  De plus, mon vélo sacrifie à ma boulimie de chiffres. Minutes écoulées, tour de pédales, distance virtuelle parcourue, pulsations minutes et surtout, calories brulées.

Il y a aussi la piscine. Paradoxalement, bien que j’y sois presque nue, je ne me sens pas si exposée. Puis je dois dire que je ne nage pas trop mal. Puis j’aime tellement ça, être dans l’eau.

 

Pédaler dans le vide, aller et venir dans un bassin, remonter le menton vers les genoux, encore, lever les bras malgré le kilo pendu à chaque main. La brique commence à se bouger.

 

Mons corps est ma nouvelle création. Je sculpte mes formes comme j’aquarelle un paysage. J’ai un croquis en tête et tente de le reproduire le plus fidèlement possible, le long d’un bassin ou dans un bol de soupe. Affiner ici, durcir à cet endroit.

Le sport ! J’ai gouté au sport et, surprise d’abord, j’ai craché la première bouché. Puis j’ai fait un effort, par sentiment d’obligation, et les cuillérées suivantes furent sans saveur. Et maintenant ? Je monte sur ma selle comme je m’accorde une friandise, prépare mon sac de piscine comme s’il s’agissait d’un gouter festif. Je regarde ma montre et me demande, anxieuse, si j’aurais le temps de pédaler une heure avant le repas.

 

La balance grinche, la perte de poids ralentit car le muscle pèse. Je pose la main sur mon estomac et sens mes nouveaux abdos tout dur. Je claque ma cuisse et c’est un muscle qui regimbe. Cruella (ainsi s’appellent-elles toutes) ne fait pas la différence entre graisse et muscle alors je corrige pour elle. A ce rythme, il me faudra des années pour atteindre mon objectif en termes de poids. Qui ça inquiète ? Je ne suis pas pressée.

mercredi, 02 juillet 2008

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Sois belle et tais-toi

 

Je ne veux pas maigrir pour plaire plus à mon compagnon ou à un autre homme. Je ne veux pas maigrir pour que mon entourage soit fier de moi. Ni même pour rassurer ma grand-mère qui s’inquiète pour ma santé. Ni même pour ma santé d’ailleurs. Ni, encore, pour qu’on me regarde dans la rue. Même pas pour être belle en fait.

  Je fais mon régime dans l’égoïsme le plus absolu. Parce que je suis têtue et que je refuse de céder à des pulsions. J’ai décidé que j’y arriverai. Ainsi soit-il ! Je le fais pour moi. Tiens, cadeau, le corps que tu voulais avoir. Voilà.

 

D’ailleurs, j’en parle peu autour de moi. Notre entourage est autant un soutien qu’un frein. On n’aime pas que les gens qu’on connaît change. On supporte mal que, sans raison apparente, l’image qu’on a d’eux se modifie. On se sent trahit.

 On n’aime pas non plus que quelqu’un qu’on aime maigrisse parce que, quelque part, c’est louche. Maigrir peut être signe de problèmes. Maigrir, ce n’est pas dans l’ordre des choses. Prenez cinq kilos en un mois, et personne ne s’alarmera. Perdez autant dans un même laps de temps, vous soulèverez les interrogations. Refusez de grignoter avec vos collègues devant la machine à café et on insistera. Descendez 500 grammes de chips, qui fera la remarque ?

 

Quand on est au régime, il y a plusieurs types de personnes autour de soi.

·   Ceux qui vous encouragent coûte que coûte, Tu as perdu 50 grammes en quinze jours d’efforts constants ! Mais c’est formidable ! Tu es sur la bonne voie ! Ils font de votre défi le leur, vivent en osmose vos victoires… comme vos défaites. Ce sont ceux qui nous sont indispensables mais qu’on a une peur viscérale de décevoir.

·   Ceux qui font tout, consciemment ou non, pour vous décourager. Tu sais que 5 personnes sur 6 reprennent tout le poids qu’elles ont perdu lors d’un régime ? Voir plus ? ou vous faire déroger à vos règles Oh c’est pas un petit écart qui va tout changer ! Il faut aussi savoir se faire plaisir. Ce sont des gros qui n’ont jamais réussi à maigrir, ce sont  des minces qui se sentent menacés, ce sont des cons qui veulent voir les autres échouer dans leurs défis de vie parce qu’ils n’arrivent pas à relever les leurs…

·   Ceux qui veulent bien faire mais qui ne savent pas. Si je fais une omelette, c’est bon ? Finalement, j’ai mis un demi kilo de fromage râpé dedans, sinon c’est fade.

·     Ceux qui savent tout et tiennent à mettre leur science à votre service. Tu sais ce qui marche ? Tu te mouline le ventre au rouleau à pâtisserie dix minutes chaque jour et à la fin, tu as un ventre plat à être faxé. Le pire, c’est quand il s’agit de ceux qui ont réussi avant toi. Moi, ce que je faisais… Je t’ai demandé quelque chose ?

 

Je ne cache pas que je suis au régime. Je ne le porte pas sur une pancarte autour du cou non plus. Et je n’encourage pas à m’en parler. Ça ne me regarde que moi.

mardi, 01 juillet 2008

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Faire un régime

Je fais un régime. C’est à ça que j’occupe mes journées. Je ne fais pas une heure de vélo en regardant un bon film prêté par mon frère, je fais mon régime. Je ne prépare pas soigneusement un repas léger et équilibré, je fais mon régime. Je ne bois pas une tasse de thé en écrivant ma confession, je fais mon régime. Voilà la tache qui m’accompagne au quotidien. Il y a les moments où ça deviendrait presque obsessionnel. J’ouvre un œil le matin et ne pense qu’à me peser, quitte à me recoucher ensuite. On m’invite à prendre le thé et j’angoisse à l’idée d’une assiette de biscuits à laquelle je n’arriverais pas à résister. Un collègue ouvre un paquet de bonbons et je me prépare déjà à en refuser, bien que je sache qu’il ne m’en propose plus depuis quelques temps. Mais la plupart du temps, j’y pense sans que ça m’obsède. Ça m’accompagne toute la journée, comme une douleur à une dent qui se fait oublier quand on a l’esprit occupé et se rappelle vivement à vous quand quelque chose menace de franchir vos lèvres.

Le grand paradoxe, c’est qu’on pense sans arrêt à son régime à tout moment sauf à l’instant où la tentation se fait la plus forte et qu’on craque. On ne peut se préserver totalement de toutes formes de tentation. Moi j’ai fait le vœu que mon régime n’affecte pas ma vie sociale. Refuser un repas ? une fête ? Simplement parce que je suis au régime ? Tarata !

lundi, 30 juin 2008

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Hygiène de vie, chienne de vie

 

J’écris, une tasse de thé à la main. Vert, le thé, pour ses vertus drainantes. Et parce que j’aime ça. A portée de main, la bouteille d’eau qui ne me quitte plus. D’ici un petit moment, mon estomac réclamera la pomme quotidienne de la fin d’après-midi. Mes nouvelles habitudes.

Je ne suis pas malade. Je ne souffre pas de dérèglement hormonal ou de TCA. Je n’ai aucun problème physique qui entrave mes mouvements. Je n’ai pas fait de dépression, je n’ai pas été enceinte. Rien de tout cela. Si je suis grasse, c’est parce que je mange (je mangeais) gras et sucré, trop, y compris en dehors des repas et sans avoir la moindre activité physique ou presque. Voyez, ce n’est que justice.

Je suis gourmande et j’aime « faire bonne chaire ». J’aime le vin, rouge surtout, et la bière d’abbaye. Je vénère le chocolat et les pâtisseries crémeuses. Mon royaume pour un millefeuille, un napolitain, un Paris Brest. J’aime la charcuterie sous toutes ses formes et le fromage avec passions. Mais je sais aussi me régaler d’un plateau de fruits de mer, d’une poignée de cerise ou d’une soupe maison. J’aime manger. J’aime gouter et savourer. Et j’aime aussi le simple fait de mastiquer, d’avaler puis de recommencer. J’aime la chaleur qui envahit mon ventre plein…

  J’ai, c’est vrai, le stress affamant. Manger pour calmer une angoisse, manger pour sécher une tristesse, manger pour ravaler mes préoccupations. La solution ? Le savoir et y veiller ? Ne pas admettre que l’objet du stress est plus important que la silhouette que j’ai ou même que ma santé. Aucune situation ne mérite qu’on se fasse du mal. Descendre la tablette de chocolat ne résous pas mes problèmes, mais au contraire en rajoute un. Facile à dire ? Oh oui, je le sais, puisque même pour moi ça ne marche pas à tous les coups.

 

Manger équilibré, fruits et légumes à volonté, privilégiés les protéines végétales, surveiller les graisses, conserver les vitamines, un produit laitier par repas, cinq fruits et légumes par jour.

Je sais très bien que ce n’est pas uniquement l’affaire de quelques mois. Je vais atteindre mon objectif et après ? Peut-être que je pourrais remettre les pieds dans un Mac do à l’occasion mais jamais je ne pourrai arrêter de surveiller mon assiette. Sacrifice ? Je n’en sais rien. On appelle ça avoir une bonne hygiène de vie. Je me colle bien l’embout du spray auditif dans l’oreille tous les matins. Je me brosse les dents avant de me coucher même quand je suis crevée. Je me douche chaque jour, même en hiver, même quand il fait froid dehors et que je donnerai mes yeux pour rester sous la couette. Et ça, sacrifices ? Oui, il y a des risques que je me surveille à vie. Mais si cela signifie avoir une bonne image de moi, maitriser mon corps et non plus le subir, est-ce que ça ne vaut pas le coup ?

dimanche, 29 juin 2008

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Etre au régime

 

Je suis au régime. On peut haïr ce mot et l’acoquiner avec d’autres peu avenants. Efforts. Frustrations. Contraintes. Sacrifices. Exigences. Règles draconiennes. Pourtant, je ne m’étais pas sentie aussi bien depuis… wah, un bon moment. Derrière ce mot, je place toutes mes nouvelles habitudes. Je me sens physiquement bien. En forme, plus légère, plus jamais ballonnée. Je n’ai plus mal au dos, je me suis débarrassée de tout un tas de petites douleurs. On n’imagine pas ce que ça peut changer dans une vie d’aller à la selle tous les jours…

Mon esprit cartésien se régale. Etablie des plannings, des listes, et des règles simples. Définir des objectifs datés et chiffrés. J’organise mon régime comme je gère mon budget. Les entrées, les sorties, les extras, les imprévus. Ma balance relève les comptes, mon mètre ruban établit la répartition des bénéfices. Je me rends au travail pour garnie mon compte en banque et enfourche mon vélo d’appartement pour dégarnir mes cuisses. La virgule place les grammes et les centimes d’euros.

De la même façon que j’essaie devant la glace la chemisette fraichement acquise, je ne me lasse pas d’étudier mes nouveaux ventres, cuisses, mollets… Je me pose des règles simples et les suis. Un fruit ou un légume minimum  par repas tu mangeras. Mon secret ? Il en faut ? Je suis réaliste et ne me donne que des objectifs que je peux atteindre. Trois séances de sport par semaine tu feras. Quant à savoir ce qu’il faut faire… Je le sais. On le sait tous, quelques part. Deux litres d’eau par jour tu liquideras. Et surtout, ça fait tellement longtemps que je prétends mincir que j’ai ingurgité assez d’information pour écrire un fichu bouquin de diététique. 50 abdos chaque matin tu feras. Puis il y a Internet. Ah, Internet, mon Eden ! Internet à la réponse à toutes vos questions à condition que vous sachiez chercher. Ça tombe bien, la recherche d’informations, c’est mon métier ! De desserts allégés tu te contenteras. Je trouve tout ce dont j’ai besoin, même le soutien. Je suis inscrite sur un site de régime et y alimente allégrement mon blog. Je m’épanche sur le forum et reçoit dans la demi heure des commentaires d’encouragements. Je passe des heures à guetter les infos et à les vérifier. Ça me passionne. Le fromage tu banniras. Et finalement, j’ai décidé en toute simplicité que c’était simple de maigrir. Ça ne l’est pas. Mais je ne le vis pas comme une épreuve. J’ai décidé de le faire et me donne les moyens pour. Moi-même, je ne comprends pas pourquoi je le vis si bien.

Un joker par semaine tu t’accorderas.   

samedi, 28 juin 2008

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Le déclic

 

Flash back. Nous sommes le 23 février dernier. Oui, les chiffres.

 

J’aimerais pouvoir décrire un déclic romantique (Nos regards ce sont croisés et j’ai voulu ressembler à la femme si belle que reflétait ses yeux) ou alors quelques chose qui me donnerait l’image d’une femme forte et volontaire (Quand le bouton a refusé d’obtempérer j’ai tapé du poing sur la table et me suis écriée Basta ! l’ascension s’arrête  !). Ou au moins avoir une histoire drôle et pleine d’autodérision qui aurait toujours le bénéfice de vous faire sourire. Je pourrais tenter le mélo (j’avais si honte de moi, honte de cet être difforme qui se trainait au bras de mon compagnon, honte de ce que j’avais pu devenir).

Non. Non, rien de tout ça. La vérité c’est que nous sommes partis pendant une semaine et que je l’ai passé à ma bâfrer tant et plus, dans la foulée d’une période de plusieurs mois de prise de poids régulière. Au terme de cette semaine, j’avais de nouveau atteint cette limite haït. 74,5 kilos. Mais ça ne m’a pas empêché de manifester un enthousiasme sincère quand, le jour même où nous sommes rentrés, mon beau-père nous a proposé de sortir au restaurant. J’ai fini la soirée pliée en deux par la fenêtre de son monospace vidant mon estomac à grand renfort de hoquets douloureux. Et non, mon déclic n’a rien d’élégant ou de romantique, je vous avez prévenu.

Mon médecin m’a diagnostiqué une gastro. Si j’étais un tantinet mystique, j’évoquerais un signe, un message qui devait marquer le début de… De quoi ? Peu importe, je ne suis pas mystique.

 

Nous y voilà donc : samedi 23 février. J’ai rendu un plat entier de délicieux raviolis niçois et leur sauce aux cèpes et parmesan. Le lendemain, dimanche, j’atteins les 39 de fièvre et sue tant et plus dans les draps propres que mon Homme vient de changer. Je me nourris de bouillon de légume et de quelques bouchés de riz pendant trois jours. Au quatrième, mon corps commence à accepter quelques choses d’un peu plus solides mais rouspète activement contre la quantité. C’est l’occasion où jamais. Je ne peux pas continuer de grossir au gré de mes mauvaises humeurs. Je ne peux même pas me contenter de rester grosse puisque je suis incapable de m’accepter comme cela. J’ai 23 ans, bordel de merde, la vie devant moi. Et ce que je décide pour ma vie, maintenant, c’est que je ne serai plus grosse. Je dois devenir une femme ? Fort bien, je ne serai pas une grosse bonne femme alors.

 

100 jours plus tard, je pèse 8,3 kilos de moins.

vendredi, 27 juin 2008

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 Faire le lien

 

Il y a quelques mois, affalée sur le même canapé alors encore neuf, enveloppée par les odeurs de peinture fraiche suintant encore dans notre appartement, je réalisais qu’en effet, ça y est, je suis adulte. Et merde…

Le mot, dans le fond, ne me pose pas problème. Par contre, ce que j’y associe… Si je suis adulte, je suis aussi une jeune femme.

 

Ah, la Femme. Le voilà, le lien entre toutes les choses dont je parle depuis le début. Etre une femme. Etre femme… C’est infiniment compliqué.

Ce que je suis par ce que je fais.

Ce que je suis par ce à quoi je ressemble ?

 

C’est le moment. Le moment pour changer. Parce qu’il le faut. Parce qu’il est temps de tout aligner : ce que je suis, ce que j’ai envie d’être, ce à quoi je ressemble, ce à quoi j’ai envie de ressembler.

 

Je me suis mise au régime.

 

100 jours plus tard, j’ai perdu 8 kilos.

Je n’ai pas fini.

 

 

On en parle peu, finalement, de cette période dans une vie. On déblatère à  volonté sur l’adolescence. On sous-catégorise : pré-ado, adonaissant, post-ado… « Le sortir de l’adolescence ». Ça évoque une chrysalide qu’on détruit à coups de crises et de bougies soufflées sur un gâteau. J’en suis sortie il y a un moment déjà, de mon adolescence. Et tout à coup alors, on ne parlait plus de moi, nulle part. Je ne suis pas encore la femme de mon magazine féminin, je ne suis ni Elle, ni la Femme Actuelle, pas Cosmopolitaine pour deux sous, plus vraiment Jeune et Jolie ou Muteen… Je ne suis pas encore une ménagère de moins de 50 ans. Où suis-je alors ?

  Alors ? Alors il ne me reste que quelques pas à faire.

 

Je porte mon corps comme les stigmates de mon adolescence. Un penchant plus ou moins marquée pour l’hyperphagie, une timidité en contradiction avec l’image qu’on a de moi, une tendance à intérioriser contrebalancé par un besoin infini qu’on s’occupe de moi. Je n’ai pas eu la pire des adolescences. Par la meilleure non plus. Pas de quoi s’épancher. Par contre, j’ai toujours été au moins ronde. En fait, c’est ainsi que je me souviens de mon, rebondie et maladroite. Les photos, elles, disent que j’ai commencé à m’enrober autour de mes 14 ans. Ah, ma 3ème, mes années lycée… Au début, je crois ça ne m’intéressait pas vraiment réellement malgré les sorties lyriques et conventionnelles que je pouvais lancée devant mes copines « mais comment voulez-vous que j’intéresse un garçon alors qu’à moi-même mon corps me répugne, me dégoutte, m’écœure ? » Puis c’est vraiment devenu un souci, à coups de remarques et de regards étrangers. Pourtant, j’ai continué de grossir.

  La fac, je m’en souviens bien. Là, j’ai commencé à tenter des choses. Combien de fois j’ai décidé de me prendre en main ? Cette fois-ci, c’est la bonne ! Séances de sport, tenue de mon assiette. Je me décourageais très vite. Je m’habillais encore comme un sac.

  Je me souviens de ce garçon, première authentique peine de cœur, qui m’avait fait comprendre non sans subtilité que, mince, il aurait envisagée les choses autrement.

  Il y a eu les pertes et les prises de poids. Un job d’été assez physique et je rentrais avec deux tailles de pantalon en moins et que reprenais lors des deux sessions d’examens suivantes. Un vrai régime, suivi par un médecin, qui a marché, mais que j’ai lâché avant la fin… Des efforts, par-ci, par-là, emmaillées d’échecs plus que de réussites. Et cette limite chiffrée que j’ai repoussée tant de fois, celle du poids maximum atteint.

Je me rappelle que je me trouvais déjà grosse à tout juste 60 kilos. 74,5, c’est le maximum que j’ai atteint, et j’ai déjà touché cette barre à deux reprises.

jeudi, 26 juin 2008

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Se définir

 

74 kilos signifient-ils que je suis grosse ? Peu importe. Voilà la question qui importe : 23 ans signifient-ils que je suis adulte ? Le chiffre, en toute objectivité, annonce que oui. Mais moi, comment je me sens ? A 74 kilos, je me sens grosse. A 23 ans, je ne crois pas que je me sente adulte.

  Je ne suis plus adolescente et j’abandonne avec force soulagement cette personne que j’ai été. Mais je ne suis pas pressée de me définir comme adulte. J’ai alors le cul (mon gras cul trouée de cellulite) entre deux chaises. A la télé, on m’appelle « jeune active ». Qu’est-ce que ça dit de moi ? Que je travaille ? Oui, depuis quelques mois. Je me suis abimée à obtenir ce concours et j’aime ce que je fais. J’ai un compte dans une Banque, des quittances de loyer, une déclaration de revenus. Je claque chaque mois une paire de centaine d’euros en futilités rien que parce que pour la première fois de ma vie, j’ai les moyens de le faire. Mon appartement est propre et occasionnellement rangé, je sacrifie au rituel hebdomadaire de la grande distribution, j’ai une carte de fidélité dans la plupart des chaine et suis assez satisfaite de n’être fidèle à aucune, je n’ai pas de chien parce qu’on souffre trop quand ils sont malades ou meurent, je peste à épisode régulier contre le prix de l’essence et la baisse du pouvoir d’achat, je connais par cœur mon numéro de Sécu et le téléphone de mon assureur, j’ai un lave vaisselle, une carte d’adhésion à un mouvement politique et trois lessives différentes à adapter aux différents types linges, ma salle de bain déborde sous les flacons de soins pour peau, pieds, poils, et ma collection de chaussures mériteraient un post en photo sur mon blog régulier, j’ai des plantes vertes et arrivent plus ou moins à les faire survivre et pour couronner cela, on m’appelle Madame aux caisses des magasins.

Et bien, oui, alors, peut-être que j’ai tout ce qu’il faut pour être adulte. Qu’à cela ne tienne, je vais donner un autre nom à mon malaise.

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